Portrait de la fracture numérique au Québec (2025)
Extrait
Réalisée en collaboration avec Votepour.ca, notre enquête NETendances 2025 portant sur la fracture numérique au Québec indique que les trois quarts des internautes du Québec (76%) connaissent peu ou pas la fracture numérique: 60% n’en ont jamais entendu parler et 16% en ont déjà entendu parler, sans savoir précisément de quoi il s’agit. À l’inverse, 18% des internautes affirment connaître cet enjeu. L’enquête révèle également que, parmi les adultes qui affirment connaître la fracture numérique, la moitié (50%) considèrent qu’il ne s’agit pas d’un enjeu préoccupant.
Plus d’un(e) adulte du Québec sur 20 n’a pas accès à Internet à domicile
Au Québec, 8 % des adultes n’ont pas de connexion Internet résidentielle : 6 % n’ont aucun accès à Internet à domicile, tandis que 2 % utilisent uniquement leurs données cellulaires. L’absence de connexion augmente fortement avec l’âge, atteignant 13 % chez les 65-74 ans et 23 % chez les 75 ans et plus. Elle touche aussi 30 % des personnes dont le revenu familial est inférieur à 25 000 $.
Une proportion d’internautes stable depuis 2020
La part d’internautes au Québec se maintient à 95 % depuis 2020, après avoir progressé de 12 points de pourcentage par rapport à 2011. Cette stabilité indique que la très grande majorité des adultes utilisent désormais Internet régulièrement.
21 % des personnes de 75 ans et plus ne possède ni téléphone intelligent, ni ordinateur, ni tablette
En 2025, 5 % des adultes du Québec ne possèdent ni téléphone intelligent, ni ordinateur, ni tablette, une baisse de 2 points de pourcentage par rapport à 2024.
Si la part des adultes possédant au moins un appareil numérique continue de progresser, certaines disparités persistent. L’absence d’équipement devient notamment beaucoup plus fréquente à partir de 65 ans. Chez les 75 ans et plus, cette réalité touche plus d’une personne sur cinq.
Les difficultés numériques touchent autant les jeunes adultes que les plus âgé(e)s
La fracture numérique est complexe et s’inscrit davantage dans un continuum que dans une opposition binaire. Si les 75 ans et plus éprouvent le plus de difficultés à effectuer certaines tâches du quotidien en utilisant les technologies numériques, les 18-24 ans arrivent au deuxième rang : seulement 46 % disent n’éprouver aucune difficulté. Chez les 25 à 64 ans, cette proportion se situe plutôt entre 57 % et 60 %, montrant que les difficultés numériques peuvent toucher tous les âges à différents degrés.
6 % des adultes dépendent de quelqu’un d’autre pour accomplir des tâches numériques essentielles
Nos résultats montrent que 38 % des adultes du Québec ont besoin du soutien d’une autre personne pour utiliser les technologies numériques. Ce besoin augmente nettement avec l’âge : il concerne 43 % des 55-64 ans, 45 % des 65-74 ans et 58 % des 75 ans et plus.
Le besoin d’aide peut devenir particulièrement contraignant lorsque le soutien n’est pas facilement accessible. Parmi les personnes qui ont besoin d’accompagnement, 21 % de celles qui vivent seules disent dépendre d’une autre personne pour réaliser certaines activités numériques.
Méthodologie
Pour réaliser le volet «Portrait de la fracture numérique au Québec» de l’enquête NETendances 2025, nous avons procédé à une collecte de données téléphonique en février 2025, suivi de neuf collectes via un panel Web de mars 2025 à janvier 2026. Au cours de ces collectes, nous avons interrogé 11 664 adultes du Québec de 18 ans et plus. Ces résultats ont ensuite été pondérés en fonction du genre, de l’âge, de la région, de la langue et du niveau de scolarité afin d’assurer la représentativité de l’ensemble des adultes du Québec. Puisqu’il s’agit d’un sondage Web, ce rapport ne présente pas de marge d’erreur.
Avis d'expertes-invitées
Cette édition est enrichie par les éclairages et analyses de spécialistes qui mettent les résultats en perspective et contribuent à alimenter la réflexion sur les différentes dimensions de la fracture numérique.
Retrouvez leurs avis dans le rapport:
- Sandrine Prom Tep, Ph. D., professeure titulaire en marketing numérique, École des sciences de la gestion, Département de marketing, ESG UQAM
La compétence critique: angle mort de la fracture numérique
Page 32
Vieillir seul ou en ménage accroît-il la fracture numérique?
Pages 35-36 -
Virginie Hébert, Ph. D., professeure agrégée à l’INRS – Centre Urbanisation Culture Société, Coresponsable de l’UMR INRS-UQAR Numérique et territoires, et Émilie Michaud, candidate au doctorat sur mesure en inclusion numérique, action publique et médiations, INRS – Centre Urbanisation Culture Société
De l’accès aux bénéfices: les multiples dimensions de la fracture numérique
Page 42 -
Caroline Neas, directrice générale de l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval
La fracture numérique: un enjeu collectif encore sous-estimé
Page 47
Nous remercions chaleureusement les spécialistes qui ont contribué à cette publication ainsi que Votepour.ca pour sa collaboration.