Accueil > Éthique, gouvernance et société > Le numérique au service du bien commun?

Lyse Langlois
Directrice scientifique, Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique, Université Laval

L’intelligence artificielle suscite bien des passions. Depuis quelques années, elle représente un grand mythe compte tenu, justement, de ces passions. D’un côté, on a l’émergence d’un monde un peu apocalyptique où les robots remplacent les humains; la science-fiction nourrit d’ailleurs cette vision-là. Et de l’autre, bien des promesses où les tâches répétitives seraient bannies, reléguées aux machines, où des outils pourraient même enrayer la maladie et le crime et offrir des pronostics sans faille.

Donc, l’arrivée de ces nouveaux outils bouleverse nos vies et soulève de nouveaux défis, par exemple, quant au profilage, à l’iniquité, à la discrimination que génèrent ces machines, quant à l’opacité versus la transparence, aux biais, etc. Comment affronter ces nouveaux défis d’une complexité inégalée qui évolue à vitesse grand V? Ce sont des enjeux qui interrogent évidemment notre vivre-ensemble, qui est la conduite de la vie des hommes, des femmes et des sociétés. Et c’est ici que l’éthique trouve toute sa pertinence et nécessite une réflexion plurielle sur cet univers complexe afin d’aider les utilisateurs à prendre des décisions éclairées tout en étant critiques et en maintenant le développement de cette nouvelle technologie au service du bien commun.