Comment l’État peut-il profiter de la transformation numérique?

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Steve Jacob, professeur, science politique, Université Laval

La transformation numérique de la société va engendrer plusieurs modifications dans le monde du travail, notamment avec l’introduction massive et rapide de technologies numériques dans le milieu de travail.

Le deuxième changement sera l’évolution des compétences, des employés et de certains titres d’emploi. Par exemple, les superviseurs de première ligne voient leur travail se modifier par les technologies puisqu’avec l’Internet des objets, avec la géolocalisation, on peut aujourd’hui avoir une vue d’ensemble sur les processus de production de services. Cela veut dire que la manière de faire de la supervision pour ces directeurs de première ligne va et doit évoluer.

Le troisième changement au niveau du travail, c’est la modification dans la réforme de la structure organisationnelle. Les transformations numériques vont avoir tendance à briser des silos administratifs. Les ministères et les organismes vont devoir davantage interagir les uns avec les autres et dans certains cas, on va même être amené à créer des réseaux numériques professionnels autour d’une thématique particulière pour faire avancer certains projets, certaines initiatives.

Ce que l’on observe de plus en plus, c’est que le travail sera une combinaison d’éléments virtuels avec des éléments réels. Par exemple, si on prend un seul domaine qui est un domaine qui nous intéresse tous, soit le domaine de la santé, aujourd’hui on peut créer des dossiers des patients et les mettre à jour en utilisant les technologies numériques. Des robots peuvent préparer et distribuer des médicaments dans les hôpitaux et les infirmières peuvent accéder aux informations des patients en temps réel avec des chariots connectés. Donc ce que l’on voit, c’est que le monde du travail évolue et que cela nécessite d’augmenter la compétence et la connaissance de tout le monde à un rythme qui s’accélère continuellement. Certains estiment d’ailleurs que pour ces changements de compétences, on devra s’appuyer sur la pensée informatique qui devient un savoir fondamental pour tous et qui est même considérée comme la nouvelle littéracie du 21e siècle.

Dans ce contexte, les fonctionnaires vont devoir ajuster les manières de travailler. Ils vont devoir développer de nouvelles compétences. Par exemple, des compétences à développer davantage seraient des compétences qui concernent la protection des données et l’analyse des données massives qui sont mises à la disposition des administrations. L’expertise nécessaire pour utiliser adéquatement les nouvelles technologies augmente, mais cela requiert un apprentissage, ce qui signifie que les organisations publiques vont devoir revoir les exigences d’emploi pour les futurs recrutements, qu’elles vont devoir investir dans la formation du personnel qui est déjà en place, car il y a de nouveaux emplois qui apparaissent et d’autres qui sont en transformation.